Le Fenouillèdes du Vè au XIIIè siècle - - IXe siècle

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Le Fenouillèdes du Vè au XIIIè siècle
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- IXe siècle -

 

 

  • Au début du 9éme siècle Carcassonne demeure fortement imprégnée par les Wisigoths
  • 9e et 10e siècle Les Gardies ou Guardies. Ensemble de tours à signaux supposées destinées à prévenir  des incursions et débarquements Mauresques, effectifs dés le début du VIIIe siècle. Il n'en reste que des lieux dits : Bellegarde, un gros tas de cailloux à le Vivier, La Gardiole : à Puilaurens, Camps sur Agly, Campoussy, Cassagnes, Rabouillet, Tuchan, Duilhac ect...Evidemment il existait des vigies très antérieures. Les toponymes en bade en témoignent.

 


801 : Charlemagne repousse les limites de son empire de Gérone ( 785 ) à Barcelone. Qu'il confie à un comte qu s'y est brillamment illustré, Béra Ier fils aîné de Guilhem. Mais ce feudataire comme tous ses homologues est doté au détriment des autochtones. On s'éloigne de la société égalitaire voulue par les wisigoths.

Il n'est pas exclu que les villages du Fenouillèdes au suffixe en ach aient leur origine liée à ces événements, explications à la date 285.


804 : Guilhem de Gellone fonde Saint Guilhem le Désert où il se retirera en 806, il en était temps pour le salut de son âme...  Il n'empêche qu'il sera canonisé !


806 : Béra 1er*fils de Guilhem est comte du Razés -  Fenouillèdes, Conflent et Vallespir, duc et marquis de Narbonne. Argila son aîné lui succédera vers 840 - 44, son père aurait été proscrit vers 820, ayant été accusé sans preuves d'entente avec l'ennemi sarrasin. * Béra 1er comte de 806 à 820 selon les historiens postérieurs à Louis Fédié, voir confusion expliquée aux dates 798. Nous avons analysé trois chronologies comtales, autant d'auteurs et de versions. Celle de R. Quehen ci - après.

Gaucelme frère de Béra est en charge du comté de Roussillon - Empuries. Mais notre carolingien à force de guerroyer  finira par être fait prisonnier en Lorraine et être décapité.

Chacun participe à la construction de St Guihem le Désert. Ils sont les fils de Guitburge alias Wilberga leur mère supposée.


812 à 827 : Guilhelmund comte du Fenouillèdes. Panel de graphies de ce personnage : Willemond, Wilehm, Wifred, Wilfred, variantes en elmus et tout simplement Guillaume.


813 : Un évènement contesté, le comte Béra 1er obtient auprès du Pape Léon III, le don d'un fragment de la vraie croix pour l'abbaye bénédictine N.D d'Alet. On attribue à Béra 1er d'avoir relevé cette abbaye, aussitôt placée sous la protection directe pontificale. Ce qui était censé permettre aux religieux d'échapper aux pressions laïques. Des privilèges analogues seront accordés à d'autres abbayes.


817 : Monasterium Sancte Maria Cubrariensis, l'abbaye de Cubières. Dans un statut d'Aix la Chapelle, Louis le Débonnaire accorde des privilèges aux bénédictins.


826 - 827 : Les sarrasins sévissent de la Cerdagne au  Carcassés.  Guilhelmund ou Guillemond ou Willemond un fils de Béra le comte du Razés après avoir fait des donations aux abbayes de Alet et de St Polycarpe, se range avec Aïzon, un seigneur goth aux côtés de l'émir de Cordoue. Manœuvre de Aîzon contre le comte de Barcelone Bernard de Septimanie demi frère* à Béra Ier. L'appui des sarrazins permit à Aîzon de rentrer à Saragosse en toute impunité et avec un beau butin. Guillemond serait mort au cours de ces événements.

*Mariage de Guilhem avec Cunégonde.


827  à 844 : Gaucelme et Bernard sont comtes du Fenouillèdes ensemble ou successivement selon R Quehen.


24 / 12 / 842 : La charte de donation par Charles " Le Chauve " de plusieurs villages en Fenouillèdes et en Peyrepertusés  en faveur du comte Milon, évoquée en pages d'accueil, donne les plus anciennes mentions de Caudiès, Monedarias ( Saint Paul ),  Amauriolae  ( Maury ), Folietes  ( Feilluns ou Fenouillet ?), Petraficta  ( Peyralade ? ), Casal Adroario ( Caladroi ), Maisons, Palairac, Tuchan ... Les trois derniers, des paroisses du Peyrepertusés étaient convoités pour leurs miniers. Le pays de Peyrepertuse y est cité comme suit : Pago Petre - Pertuse.

Milon ou Miron ? Deux comtes qui pourraient n'en faire qu'un :

  • Milon comte de Narbonne ? D'ascendance Wisigothique déjà cité en 782 pour s'être emparé des possessions de Daniel  l’archevêque de Narbonne parti en Terre Sainte. Maître Louis Fédié communique des dates différentes, respectivement pour les trois premiers 842, 870, 812, en mettant en scène les mêmes personnages.
  • Miron un prénom à profusion et confusions...  comte de Bésalu, Cerdagne, Fenouillèdes...frère de Wifred " Le Velu "

 

Peyralade se situe à la jonction de la voie ferrée avec la départementale 117 en amont de St Paul. Ce toponyme est une corruption de Peiro Lebao, c'est à dire pierre levée. Il y avait là un dolmen dit les Tres Palets, arasé lors de la construction de la route nationale 117 et un menhir avoisinant 5 mètres de haut, le Touch plus récemment détruit. Petraficta est supposé désigner ce lieu.

L'appellation Pago Fenuleto, ramène à l'esprit le Pagi comprenez le pays ainsi désigné par les romains. Mais il n'est pas certifié que le Fenouillèdes en fut un.


843 : Sur une charte d'immunité de Charles le Chauve attestant de la donation de villages à Eleazar abbé de Cubières, il apparaît un changement dans la dénomination de l'abbaye, devenue Sancti Pétri de Cubièra. Selon le latin de Maître Louis Fédié, variable sur les ouvrages postérieurs.


844 / 845 : Argila aîné de Béra est comte du Razés Fenouillèdes. Béra II fils ou petit fils à ce dernier reprendra le flambeau jusques en 870 selon R. Quehen.


Vers 844 à 864 : Les Vikings sévissent en Roussillon, Vallespir et à Toulouse. Raid de Hasting à Narbonne en 859. Ont - ils pillé en Fenouillèdes ?


845 : Première citation de Cuxous relative à l'église Saint Cyprien possession de l'abbaye de Lagrasse ( 11 ). Cuxous était alors un village.

  • L'abbaye Bénédictine de Sainte Marie d'Orbieu, Sancte Marie monasterium Urbionensis, antérieure à l'an 800 eut au cours de ses 10 siècles de rayonnement de nombreuses possessions en Fenouillèdes et en Roussillon, là y compris après le Traité de Corbeil en 1258. On retiendra Rivesaltes  dont ils furent les seigneurs jusqu'à la Révolution, pareillement à  Prades à l'occasion de sa première mention dans une donation de Charles le Chauve en 843. Pendant 7 siècles les moines camériers en seront les maîtres. Ils sont les initiateurs de grands travaux d'irrigation, tel le canal de Rivesaltes, sur accord du roi Sanche de Majorque (1311-1324). Captation des eaux de l'Agly sous le château de Pène. Curieusement l'ouvrage de la prise d'eau paraît avoir été conseillé et construit par les ingénieurs des États du Languedoc. G.Bile. Estagel et Tura l'antique Rivesaltes furent dès l'aube de la féodalité des fiefs  de Lagrasse. Des fouilles ont révélé les fondations d'un vaste bâtiment  attenant à l'église de Pézilla de la Rivière

  • Rattachement du comté de Razés -  Fenouillèdes au marquisat de Toulouse, donc hors Gothie et Marche d'Espagne. Cela jusques en 877 et selon Nené Quehen.

 


852 : Soulèvement contre Charles le Chauve, lequel coïncide avec un affaiblissement du pouvoir.


Vers 863 : Face aux révoltes comtales et à l'imminence du péril Maure, ces derniers sévissent en Catalogne. Charles "Le Chauve" établi la " frontière "  sur le massif des Corbières. Séparative de deux provinces, la Marche de Gothie au nord où domine Narbonne face à Barcelone en Marche d'Espagne au sud ( Curiosité : Voir en 778 ). Ces  régions sont respectivement confiées à des marquis Francs,Bernard et Salomon comte de Barcelone. Le Fenolhedés avec le Capcir et le Conflent se retrouve dans cette Marca  Hispanica, le comté de Cerdagne-Bésalu. La future Catalogne. Bésalu du nom d'une localité aujourd'hui en Espagne. Autrement dit Wilfried le Velu dissocie le Fenouillèdes de la Septimanie.

Sur ce qui précède, variation des limites administratives et des dates afférentes, les plus éminents historiens du cru divergent absolument, ils sont dans la confusion tous azimuts et c'est Déplorable. Nous vous renvoyons en 795 sur Chronique de L'Humanité, Robert Maillard aux éditions Jacques Legrand, qui situe la création de la Marche d'Espagne au sud de l'actuelle frontière en Catalogne.

La " frontière" de Charles le Chauve cours d'une ligne allant du col de St Louis à Salses. En passant très vraisemblablement ( délimitations communales ) au sud de la Torre del Far ou tour de Tautavel. Rien n'indique qu'elle existait déjà. Mais l'édifice actuel du XIIIe siècle est supposé succéder à un précédent, voir à la date 1020.  Une séparation au nord de Vingrau, Périllos, Col de Feuilla, Plateau de Leucate, n'est pas formellement écartée. La Marca  Hispanica s'étend au sud jusqu'au fleuve Llobregat.

C'est le début de la division entre Occitans et Catalans. Jusques là les langues catalanes et occitanes n'en faisaient qu'une, la langue d'oc.

Seuls le Razés tel que nous le connaissons et le Pérapertusés ( Septimanie ) sont extraits de l'ancien comté de Razés et octroyés au comte de Carcassonne par Charles Le Chauve consécutivement au soulèvement comtal. Le Razés faisait partie intégrante du Fenouillèdes jusque là. A notre humble avis l'inverse est plus heureux, le Pagus Rhedensis englobait également le Pays de Sault, le Donezan et le Termenés. Il va devenir un ennemi durablement.

Ce n'est que vers 1098 que le Roussillon sera appelé Catalogne et ses habitants Catalans.


Notons au passage et au regard des cartes actuelles de randonnées IGN, la relative abondance de toponymes spécifiquement d'Oc au sud de cette antique frontière soit dans tout le département 66, particulièrement d'Estagel à Salses, donc en terre Catalane dans l'espace péri-urbain de Perpignan, voir note Toponymie .

 


870 : Mention de Saint Paul dans la Marche d'Espagne sur une Charte de Charles "Le Chauve" . Le Fenolhedés à Wifred (ou Guifred) le fils de Sunifred, donc  de souche Languedociennne. Wifred est considéré comme le fondateur de la Nation Catalane. Voir en 1157. Ce comte d'Urgel et de Cerdagne aurait été nommé Marquis de la Marche de Gothie en 844 par Louis "Le Pieux". René Quehen le fait succéder à Salomon dès 873. A vous de choisir !

Problèmes !

- Louis le Pieux est mort en 840.

- C'est plutôt Sunifred comte d'Urgel et de Cerdagne qui fut promu marquis de la Marche de Gothie par Charles le Chauve.

  • Wilfred serait né après 850. Le dernier marquis Franc de Gothie aurait été Bernard de Gothie, approximativement de 863 à 879. Il reçut en 879 une visite musclée du roi Louis le Bègue, pour refus de soumission au dit suzerain, fils de Charles le Chauve. Louis le Bègue quitta ce monde à son retour à Compiègne.
  • Selon René Quehen de 870 à 877, Miron - étilius un fils à Béra II, est comte du Razés Fenouillèdes.

872 : Charles Le Chauve accorde l'investiture du comte de Toulouse Eudes sur les comtés du Carcassés et du Razés. Louis Fédié cite Acfred Ier frère d'Oliba II de Carcassonne à dater de 870 et en tant que comte.


 

873 : Première mention de l'abbaye de St jacques de Joucou, monastérium sancti Jacobi de Jocundo. A laquelle le comte de Barcelone fit don de ND de Formiguéres consacrée la même année par Sigebode, archevêque de Narbonne et de Rhedae.

Vers 873 selon Dom Vaissette dans Histoire Générale du Languedoc,le Razés  Fenouillèdes - Peyrepertusés  sont une copropriété entre les comtes de Barcelone et de Carcassonne aux ascendants communs. René Quehen estime cela vraisemblable jusqu'à un partage vers 920 sans discerner à quel marquisat ce comté est assujetti, il cite Miron fils de Béra  avec Wilfred I et II.


877 : Capitulaire de Quierzy :  De pair avec un effritement de l'influence de la royauté, Charles le Chauve officialise une pratique courante, celle du don d'un domaine à tout serviteur méritant et à titre héréditaire. Auparavant à la mort du bénéficiaire il revenait au seigneur. C'est la genèse des fiefs et par voie de fait de la féodalité. Les comtés évoluent en principautés relativement indépendantes affranchies du pouvoir régalien, dirigées par Les Grands au nombre d'une vingtaine. C'est une des causes de la perte d'influence des carolingiens en étant trop généreux avec leurs vassaux méritants.


Vers 885 - 895 : Saint Théodard archevêque de Narbonne, il est à l'origine de la cathédrale Saint Paul Serge.


888 : Avènement de Eudes le Grand comte de Paris, fils de Robert le Fort ( lignée des Robertiens ) roi de France jusques en 898.


889 : Ou 908 selon l'auteur,  première trace écrite de Padern dans un document par lequel Charles "Le Simple" fils posthume de Louis le Bègue, atteste de la donation de ces lieux à l'abbaye de Lagrasse. Il n'avait pas 10 ans à cette date, Eudes venait d'être proclamé roi.

- Pétrolas : Première mention de Perles, écart de Fosse en direction de Vira et possession des moines de St Polycarpe, abbaye limouxine.


897 : Cette date parait insensée, voir en 842. Miro ou Miron fils de Wifred hérite du Fenolhedés. Un des rares personnages de son temps à savoir écrire. Ce qui n'était pas le cas du Roi de France. Il est comte de Fenolhedés, Conflent, Ripoll, Bésalu ect... Cela étant Wifred avait un frère du nom Miron, un autre marquis de la Marche d'Espagne. Toujours est il que les descendants de Wilfred se transmettront le Fenouillèdes jusqu'à Bernard III.


898 : Charte de Charles "Le Simple" faisant donation de plusieurs villages à l'abbaye de Saint Martin Lys, ses possessions en deviennent attenantes à celles de l'archevêque de Narbonne à Quillan. Elle avait rang de basilique et était dominée par une tour ou un clocher d'une hauteur remarquable. Il en ressort, n'en déplaise aux catalans, que le roi de France a autorité sur le Fenouillèdes, ce qui émane de nombreux documents jusques en 922.

A la fin du IXéme siècle évêchés de Toulouse, Carcassonne, Barcelone, Uzés, Urgel, rattachés à la métropole de Narbonne, c'est à dire l'archevêché. Ceux catalans dépendaient de Tarragone trop exposée aux musulmans.

 


899 : Première citation de Saint Arnac (villa Centernaco). Le site de ce joli village évoque Centernaro in pago Fonoledeso.

Première mention de Bugarach, villa Burgaracio sur une charte du roi Eudes, dans les possessions de l'abbaye de Saint Polycarpe. La version origine Bogomile en est balayée.

Pech de Bugarach : selon la légende les lutins Bugh et Arach implorèrent Jupiter pour délivrer le pays du cers. Jupiter exauça leur vœu en érigeant le Pech. Voir note géologie.

Au IXe siècle construction des chapelles pré-romanes. Caractérisées par leurs arcs outrepassés évoquant un fer à cheval, un temps assimilé au style mozarabe. Asymétrie à gauche de l'abside quadrangulaire par rapport à l'axe de la nef. Une allusion à la tête du Christ penchée sur son épaule droite. Saint Michel de Sournia aux deux églises jumelées, Sainte Eulalie à le Vivier et Sainte Félicité de Carthage également à Sournia méritent une visite. Saint Barthélemy de Jonquerolles à Bélesta est de la même époque.Bien que située en Conflent, mentionnons le joyau qu'est l'abbatiale de St Michel de Cuxa, ses possessions se sont très rapidement et considérablement étendues en Fenouillèdes jusqu'à l'aube de la féodalité.

Ce type d'architecture d'inspiration Wisigothique aurait été assimilé par les musulmans consécutivement à leur conquête de l'Espagne.

- Saint Michel : la nef à abside voûtée serait postérieure et le pan de mur contre l'église primitive, un vestige de farahon. Voir ce mot au XIIe siècle.


Charles le Simple place l'abbaye de Cubières avec ses domaines sous la protection d'Arnaste, archevêque de St Just de Narbonne, reconduction en 922.


 

  • A la fin de ce siècle l'église est frappée de pourrissement et de luttes intestines, ce qui permet aux seigneurs de s'octroyer de nouveaux droits. L'église gangrenée par la dépravation n'était pas de force à s'y opposer.
  • Cartes commentées: Wisigoths, Al-Andalus, Septimanie, Marche d'Espagne... axl.cefan.ulaval.ca/monde/catalan

 

 

 



Mise à jour le Dimanche, 15 Janvier 2017 19:33